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ENTROPIE DE L'HUMANITE

            La loi d'entropie du genre humain est un état expansif vers un état final inconnu, métaphysique pour ceux qui croient en une révélation, matérialiste ou capitaliste pour d'autres. Cette loi d'expansion est "La Condition Humaine" selon André MALRAUX. La condition pour être humain est le dépassement. Cette loi d'entropie dilatante augmente avec l'accumulation de temps, de travail, de découvertes technologies, d'amélioration sanitaire et sociale, de plus-values, de spores, de spermes, de germes, de naissances, mais aussi de pollution, de nuisance. L'entropie est tout ce qui paraît monté en température, excessif, en-trop et qui est la vie dans son exubérance biologique débordante.
             Aujourd'hui en 1996 le travail est en panne et l'avenir de notre entropie nous inquiète, elle nous échappe par manque de raison visionnaire. Nous sommes confrontés à un dilemme, suivre le réalisme dépérissant de nos activités d'aujourd'hui, ou changer de centre d'intérêt. Comme au 19° siècle quand la révolution industrielle nous obligea à changer de métier. Ou quand nous abandonnâmes l'esclavage et le colonialisme lorsque ce furent des handicaps pour l'évolution moderne. Par la suite, on remarqua que les pays qui ne renoncèrent pas au colonialisme prirent du retard.
             Dès sa naissance jusqu'à sa mort l'homme est par sa "Condition Humaine" obligé de grandir. Il doit compenser sa vieillesse, la décroissance de ses forces avec le sens de sa vie. Même sa mort a pour sens la croissance, le sens de la croix qu'il laisse sur terre, le sens de sa griffe, de son œuvre, de sa "Légende Personnelle". La mort utile existe, c'est l'accomplissement dans le sens de cette mystérieuse entropie positive à laquelle nous participons tous. De toute manière la mort est croissance, elle laisse la place aux prochaines générations, elle change le ROI et la LOI.
             Une dérive négative de notre croissance n'entame pas la loi de l'entropie de l'expansion mondiale. En entropie, si vous en faites trop peu, d'autres en feront trop dans un sens différent du vôtre, il faut occuper le terrain. Ainsi aujourd'hui, parce que l'argent doit circuler, l'expansion est remplacé par les affaires de justice enrichissant de nouveaux riches, entre autres les avocats. Nous sommes obligés de croître dans nos activités économiques, la qualité de notre vie, nos libertés, notre bonheur en dépendent.
            Le repère de la bonne santé de notre société et de sa croissance est la bonne mine de nos HERMES cheminant sur nos chemins, à nos carrefours et à nos frontières. MERCURE/HERMES mesure notre température politico-économique. Quand la prospérité est au rendez-vous, notre MERCURE est libéral, sportif, élégant, généreux, aérien, dont l'envol a ses petits trous d'air dans le mensonge et la corruption par toquade ou faiblesse d'amour. Nous le lui pardonnons d'autant plus que tout va bien. Quand l'économie ne va plus, MERCURE devient vilain xénophobe, nationaliste, totalitaire, fanatique, procédurier, réactionnaire, capable du pire. Souvenons-nous des politiciens du fascisme et du nazisme d'avant guerre à cause des répercussions de la crise économique américaine de 1929.

NOTRE CREDO, LA CROISSANCE,

             Si certains d'entre nous disent croire en Dieu , nous croyons surtout tous à la croissance des échanges du commerce d'HERMES. Nos économies, notre capital ne font crédit qu'à ce credo: LA CROISSANCE pour faire des profits.
             Le plus honnêtementdu monde, dans le meilleur des cas, notre credo de LA CROISSANCE a pour sens, le sens de la croix, de la croix droite, d'équerre, probe des outils mécaniques et commerciaux honnêtes. Sans quoi il n'y a plus ni foi, ni crédit, mais la guerre. Et suivant l'entropie, la guerre se fait aussi et encore au nom de la croissance et de ses croix et symboles entrecroisés. MERCURE vend alors des armes à la place des loisirs.
             Aujourd'hui la croissance technologique nous démobilise, les outils ont un tel degré de perfection et d'automatisation que leur croissance nous a amené depuis bien longtemps à une croisée de chemins nouveaux que nous ne voulons pas voir et où d'étranges HERMES nous attendent. Nous attendions le carrefour postindustriel de la société des loisirs annoncé par Alfred Sauvy et ses confrères économistes. C'était sans compter sur le trop grand déséquilibre entre pays pauvres et pays riches pour que nous puissions nous offrir ce luxe de société de divertissements. Depuis nous sommes déstabilisés, désemparés, gagnés par la misère du chômage.
             Nous voudrions continuer tout droit, sans voir de carrefour, mais le destin nous rattrape malgré notre lutte croissante et tout azimut contre l'illettrisme, contre la corruption, le gaspillage, contre les étrangers, et déjà notre HERMES est moins beau.
             Si d'une part nos politiques développent les services de proximités, de convivialités, de mieux être, de loisirs, notre CAPITAL d'autre part, moins nationaliste que nous, se mondialise. Il nous oublie en délocalisant ses activités. C'est sa loi naturelle, son entropie, que l'on ne peut pas freiner. Le CAPITAL peut et doit étendre son empire de l'entrefer du travail du fer au monde des affaires du monde entier, pour être à la pointe des affaires.
             Les pays du Tiers Monde surpeuplés, affamés, qui ont perdu leurs jardins nourriciers sont bien obligés pour survivre de s'industrialiser sous la loi d'airain des investisseurs mondiaux. La lutte paisible, par la non-violence active contre l'exploitation sauvage du CAPITAL passe par l'enrichissement concret du petit peuple en lui rendant son jardin d'antan et ainsi son autonomie alimentaire. La sagesse et le tempérament de certains de ces peuples a toujours été de se contenter de l'essentiel, mais aujourd'hui, ils n'ont plus l'essentiel, quelles qu'en soient les raisons.
             C'est ainsi que la situation géopolitique mondiale nous a mis pour les mêmes raisons le dos à la croissance et à deux croissants durs et rouges. Le croissant explosif et nucléaire de la faucille sans son marteau, et le croissant de l'Islam en colère, dont l'échec de l'industrialisation socialiste a exaspéré les sentiments de rejet. Le marxisme est le premier responsable de la montée de l'islamisme armé.
             Nous ne pouvons plus suivre le réalisme du sens commun d'aujourd'hui. Nous sommes à cette croisée métaphysique de chemins que l'on ne veut, ni voir, ni nommer. Nous sommes face à un non-choix fondamental, coupable et amoral, bien pire que le non-choix de notre jeunesse face à sa vie professionnelle, dont l'indécision est le signe de la critique ouverte de notre société saturée de technologie sans un projet d'envergure qui lui correspondrait.

LA COMPLEMENTARITE DE LA CROIX ET DU CROISSANT

             Contrairement au credo marxiste qui croisait le manche du marteau avec le croissant de la faucille pour la production du matérialisme dialectique, nous pouvons dans une relation toute en arabesques croiser avec nos outils dans le sens de la croissance du croissant. Nous atteindrons son cœur en réalisant des jardins nourriciers pour les plus démunis. Au cœur du croissant il y a le soleil. L'originalité du croissant est que son centre est en dehors du croissant. C'est un avantage sur la croix.
             Avec nos interdits et croyances laïques et chrétiennes sur la croissance, nous croisons au cœur de la croix, et nous sommes toujours sur la croix, sur l'outil, dans l'entrefer du faire des affaires comme en enfer.
             Si nous croisons au cœur du croissant pour la croissance, nous descendrons de croix. Ce credo sans prosélytisme, même laïque, et sans croisade guerrière est une descente de croix, dont l'heureuse croissance est des jardins croissants, en expansions, pour réaliser des pleines lunes de verdure et d'amour.             
             Faisons des jardins au barycentre du croissant géopolitique qui va de la Mauritanie à la Somalie, là où barrissent les éléphants, en Afrique noire, à Ouagadougou. Les islamistes ne nous attendent pas là, nous n'aurons plus le dos au croissant qui voit rouge. Leur colère tombera d'elle même. Quand ils voudront nous atteindre, ils devront rencontrer de nombreux gardiens Maliens, Burkinabés et laisser leurs armes et leurs désirs de vengeances tout le long du chemin qui les mènera au cœur du jardin élyséen, là où vous serez, et où le reptile et le crocodile seront revenus grâce à la présence de l'eau.
             L'une des orientations cardinales du carrefour postindustriel d'aujourd'hui, nous invite à créer un compagnonnage dans les zones en paix de l'Afrique sahélienne. Un corps de batisseurs de jardins avec sa logistique à l'arrière qui iraient vivre convivialement au minimum six mois par an en brousse pour courtiser la terre comme une divinité féminine. C'est une épopée nouvelle et une réponse au chômage. Quant au crédit de ce compagnonnage, il dépend d'une volonté populaire pour médiatiser un nouveau credo et une nouvelle politique internationale. Vu la conjoncture de la croissance des dangers nucléaires comme Tchernobil, je trouve que tout le monde devrait avoir la gérance d'un jardin en Afrique, c'est plus prudent.             
             Le crédit de ce credo dépend aussi d'une image positive lancée par des riches éclairés. Il suffit qu'un gros mouton veuille faire un jardin en Afrique sahélienne pour que tous les autres moutons presque aussi riches l'imitent.
             Cela ferait plaisir au Petit Prince de Saint Exupéry qui juge les moutons ou trop vieux ou trop malades et préfère les savoir dans une boite pour ne pas les voir. Il verrait pour la première fois de vieux moutons devenus agneaux du jardin de Dieu. Quelle jouvence pour la vieillesse !
             L'entropie a fait que les chiffres en milliard de $ sont colossaux dans le monde pour servir cette épopée. Les lignes de crédit s'ouvriront dans les plus hautes instances des banques mondiales, de l'Organisation des Nations Unies et de la Communauté Européenne où l'on peut brûler dans l'hermétique sein des saints : dettes, crédits, débits, et nous conter les comptes que l'on veut !
             Les serpents monétaires peuvent s'investir proportionnellement à leur taille dans ce projet dont la plus-value est indirecte et à long terme. Ce serait aussi une Rédemption pour l'argent sale, et une souffrance moins vaine pour les familles des drogués que de savoir que cet argent si mal gagné serait utile à construire des JARDINS.