|
NATION ET ETATS
ENSEMBLE ET SOUS-ENSEMBLES
LE JOUR DU 1° MAI 1997 A VITROLLES,
UNE JACQUERIE SACREE POUR LA NATION FRANCOPHONE.
Ce
texte a été écrit il y a trois ans par Arcaillou
pour Vitrolles, et il a été diffusé aux supporters
du Front National.
Depuis,
le F.N. n'a pas su profiter de notre conseil, ni du 1° mai, ni de
Jeanne d'Arc, pour faire trois pas en avant vers l'avenir nationale que
nous lui avions proposé. C'était naïf de notre part
de croire qu'il puisse les faire, mais il n'a même pas su faire
les trois petits pas de côté. Il s'est sabordé en
les faisant.
Ce
message reste toujours vrai. Nous l'étendons à tous les
hommes politiques qui défilent le jour du 1° mai. Ils doivent
faire aussi trois grands pas vers les prolétaires du tiers monde
si proléfiques d'enfants. Commençons par une petite histoire.
En
Haïti, dans la petite ville de Jacmel, connue pour ses nombreuses
célébrités, dont la plus proche de nous est René
Dépestre, le 1° mai est la fête de saint Philippe et
de saint Jacques le Mineur. Dans l'église de la ville, on voit
les deux saints monter ensemble deux chevaux blancs !
Or,
il existe en Haïti un autre saint qui monte un cheval blanc. Il s'agit
de saint Jacques le Majeur, l'ancien saint matamore espagnol de Compostelle.
L'épée à la main sur son cheval, il représente
pour les vaudouisants haïtiens Hogou Ferraille, Maître Ferraille.
Dans mon essai " Magie Bleue ", j'ai montré que saint
Jacques est non seulement un guerrier et un révolutionnaire, mais
aussi un Maître tailleur de pierre, père fondateur des compagnons
du Devoir.
Les
Jacméliens sont tous très initiés aux rites francs-maçons.
Il semble qu'ils ont voulu réconcilier dans la mort le Roi de France
Philippe Le Bel qui brûla Jacques de Molay, grand maître du
Temple et père fondateur des compagnons " Enfants de Maître
Jacques ".
Grâce à sa connaissance des points les plus reculés
du monde, l'église choisi ce mini-événement haïtien
pour fêter le 1° mai avec saint Philippe et saint Jacques le
Mineur.
Sans
qu'il y ait confusion entre les deux Jacques, le choix du 1° mai était
trop lourd de sens pour l'église. Le 1° mai est un jour de
jacquerie, de " fais pas le Jacques " qui, en guise de fleurs
de lys, ont du muguet à offrir à leur amie Marie. Dans les
années soixante dix, l'église sentit le danger, elle déplaça
la fête de Philippe et de Jacques pour le 3 mai ! Sur certain calendrier,
à la place de Philippe et de Jacques, nous avons vu un ouvrier
résigné comme saint Joseph pour fêter le 1° mai
!
Alors
quand nous voyons en France Monsieur Le Pen et son parti défiler
le jour du premier mai sous l'étendard de Jeanne d'Arc toute couverte
et bardée de ferraille comme le Matamore, nous pouvons nous poser
des questions et souhaiter que Jeanne, le saint Ferraille, Maître
Jacques ne feront plus qu'un à Vitrolles et qu'ils entraîneront
le F.N. dans une Jacquerie de Jacques qu'ils n'imaginent pas.
Monsieur
Le Pen s'est donné la peine de sacraliser sa démarche républicaine
sous la bannière d'une sainte. Dans une procession religieuse,
comme en politique, on fait trois pas en arrière, trois pas en
avant, trois pas de côté et ainsi de suite. Monsieur Le Pen
a commencé par faire ses trois pas en arrière jusque chez
nos ancêtres les Gaulois, dans le culte de la terre de nos morts.
Bien !
Sans se renier, il peut faire trois petits pas de côté, mais
c'est beaucoup plus dangereux pour lui de faire trois grands pas en avant.
Ces trois pas sont bien obligés d'être grands, car il faut
bien que le défilé politique et la procession avancent.
Quand
donc il va devoir aller de l'avant, Jeanne d'Arc va l'inviter à
faire trois grands pas dans notre Nation des morts et des vivants de demain.
La
nation actuelle de l'esprit vivant de Jeanne d'Arc est beaucoup plus grande
que nous ne l'imaginons, c'est la Nation des Etats-Désunis de francophonie,
celle qui rassemble les morts pour la France et leurs enfants vivants,
des blancs, des noirs, et des jaunes. Leurs parents ont non seulement
défendu les libertés hexagonales en venant de partout, mais
ils ont inspiré nos artistes, notre musique, notre peinture et
notre pensée. Ils ont participé à notre destin, à
notre destin-nation, aujourd'hui ce sont plus de trois générations
qui sont là.
Déjà,
le pas en arrière dans la culture de nos arrières parents
est métissé de blues, de jazz, d'art primitif avec Gauguin
et Picasso, de pensée avec Arthur Rimbaud, Aimé Césaire
et Léopold Senghor, avec cette négritude qui nous tend la
main et qui nous entraîne dans un sursaut pour faire les trois pas
en avant que nous franchirons comme vous, accroché à l'Arc
de l'arche de Jeanne d'Arc tendu vers l'avenir de l'humanité. Le
pas en avant que vous devez faire le 1° mai Monsieur Le Pen est au
présent dans notre culture de raï, de rap, de béguines,
de salsa.
Nos
saints, nos soldats et nos Maîtres en architecture ont construit
de leurs statues et de leurs monuments les premiers piliers d'un pont
du Monde avec l'ambition de relier tous les états entre eux dans
une seule et même nation. Pour les chrétiens c'est l'Arche
de l'Alliance, pour les laïques c'est l'unité de l'humanité
des hommes de bonne volonté. C'est la même chose dite autrement
pour atteindre l'unité.
Déjà
notre nation francophone est immense. Nous ne voyons que la partie immergée,
celle des vivants et de leurs états en quel état ! La partie
occultée, souterraine de la nation, celle des morts est sans fracture,
d'un seul tenant avec l'Afrique francophone qui émerge sur un autre
continent, avec l'Indochine qui émerge en Extrême-Orient,
avec pour épicentre Haïti en Amérique qui a hérité
de la distinction populaire de l'ancien régime.
Monsieur
Le Pen, je ne doute pas de votre bonne volonté, le troisième
pas que vous ferez en avant avec Jeanne d'Arc sera en Haïti parce
que le pas suivant sera en arrière dans la terre haïtienne
de vos ancêtres bretons que vous ne pouvez pas ignorer. Haïti
est une terre de Bretons. Les noms haïtiens d'origine bretonne sont
nombreux. Le clergé et les congrégations des Pères
de saint Jacques de Bretagne sont toujours présents en Haïti.
Ils ont bien besoin de l'aide d'un Breton de cur devant l'immensité
de la tâche à couvrir de jardins les mornes collines haïtiennes
!
Monsieur
Le Pen ne traînons pas les pieds sur le chemin de Jeanne, sautons
de joie jusqu'à Port au Prince, des Vitrollais viendrons avec vous.
La solution à nos difficultés n'est pas endogène
mais exogène. Notre pays n'a jamais résolu ses problèmes
en se repliant sur lui-même, en s'amputant de ses immigrés,
mais en sortant de ses frontières pour chercher une solution. Sa
population débordante d'énergie et de culture technique
s'ennuie faute de projets d'envergure, d'épopées.
Certes
Monsieur Le Pen s'égare dans les gestes et les mots, il manifeste
à voix haute le tempérament du matamore, du brave. Alors
soyez brave matamore, allez au pays où le matamore est un saint.
Allez dans ce port prédestiné pour les princes comme vous
en mal d'aventure et d'amour. Jeanne aura le plaisir de vous couronner
si vous y arrivez.
UN Jacques, le 1° 05 97.
|