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LE LYS DU DRAPEAU EUROPEEN A VITROLLES
LES LYS-LYCEENS-ELYSEENS-CITOYENS
En
juillet 97, il y a eu à un grand chambardement pour les drapeaux
de Vitrolles. Le drapeau européen n'est plus au fronton de notre
Hôtel de Ville, il a été sacrifié au grand
dam de nos compatriotes vitrollais d'origine européenne. Quant
au drapeau provençal, à rayures rouges et jaunes, il a été
remplacé par un nouveau drapeau bleu, soi-disant plus authentique
que celui que nous connaissions. Mais voilà qu'il est remarquablement
de la même couleur que le drapeau européen, à tel
point, que nous pourrions les confondre. Si ce n'est, qu'au lieu de la
couronne aux douze étoiles, ce nouveau drapeau arbore en son milieu,
un immense lys d'or!
Un
ami irrité et irisé me dit. "Mais non, ce n'est pas
un lis, c'est un iris!" Peut-être, mais je voyais un lis, et
il me rappelait évidement le lys dévoyé par la royauté
française. Il ne fallait pas que cela recommence!
Je
n'ai rien contre le symbole du lys, bien au contraire, surtout s'il revient
pour fleurir ce qu'il doit fleurir et non pour servir à des fins
politiques.
Le
lys stylisé tel que nous le connaissons n'est pas le fruit de l'imagination
d'un roi, mais plus sûrement l'uvre d'un anonyme artiste.
J'ai des raisons de penser que le dessin de la fleur de lys a été
conçu par un compagnon du Devoir de Dieu, enfant de Maître
Jacques. Son uvre lui a échappé, alors qu'il la destinait
pour des raisons que je vous dirai, à la Très Sainte Vierge
Marie.
Sous
l'ancien régime, la noblesse avait le monopole des corps de métiers
sans mérite et sans savoir-faire. Les compagnons du Devoir, prisonniers
du système, avaient pris l'habitude de griffer l'envers de leurs
pierres taillées de trois traits en forme de pattes de cygne, pour
signer en cygne, d'un signe, l'insigne vol qu'ils subissaient.
Cette
patte de cygne, ou patte d'oie, ou Pédauque avait déjà
un sens ésotérique à l'époque de la construction
des cathédrales. On l'appelait de préférence la patte
du JARS. Peut-être bien, parce que les jars étaient dans
l'Antiquité les gardiens du Capitole de Rome qu'ils défendaient
à coups de becs et de cris.
Aujourd'hui
les pierres griffées de la patte du Jars sont toujours les gardiennes
du sacré, du dedans, du "IN". Ils sont les Jars du "IN",
du JAR d'IN, du JARDIN embryonnaire du Paradis. Le mot jars fait son avec
le sens mystique du devoir des compagnons envers Dieu. Ils ont le devoir
moral de travailler à l'élévation délicate
du mur des fondations du verger de Saint Pierre, de l'avènement
du Paradis.
Ils
uvrent non seulement à l'élévation de la coupole
de l'église qui a la forme primordiale d'une demi-coquille d'uf
de Pâques, et qui est la première pierre vivante de l'église
quand elle n'a qu'un jour. Mais ils oeuvrent aussi à l'éclosion
de ce même uf de Pâques, qui protège en son sein
l'embryon du jardin de Saint Pierre.
Le
jardin sur terre est un paradis aux enfers. Pour les Grecs, les jardins
aux enfers sont les Champs Elysées. Au cur de ces champs
d'élus, la terre mère est une femme jardin heureuse et en
paix avec les serpents et les couleuvres de son milieu. "La nature
recommençait à régner sur le Bois d'où s'était
envolée l'idée de jardin élyséen de la femme"
(Proust).
Notre
anonyme compagnon du Devoir, initié aux mystères, savait
que la patte du jars était l'empreinte d'une fleur de lys élyséenne
couronnant et protégeant l'épanouissement de la féminité
du jardin. Il la dessina, la montra et la perdit, tant les rois, de pouvoir
soi-disant divin, se prennent pour le petit Jésus dans les bras
fleuris de la Très Sainte Vierge Marie!
Le
divin féminin s'est plusieurs fois métamorphosé au
cours des siècles et dans le monde. Il fut, il y a longtemps la
déesse mère européenne, aux grosses cuisses, massive,
plantureuse, féconde, rappelant la terre mère, comme la
Pachamama du Pérou. Puis il fut Aphrodite, Vénus, Athéna
et les serpents de son manteau fait de la chevelure de la Gorgone, puis
Mami-Wata en Afrique, Yémenja au Brésil, Yémalia
à Cuba, Erzulie en Haïti, des sirènes amoureuses, sorties
de la mer pour méduser l'homme. Devenues des épouses et
des mères, qui de mères en mères aux cours des siècles
deviendront Anne et sa fille Marie, puis Marianne à la mairie,
là où monsieur le Maire nous marie au milieu des lis blanc
du mariage. Aujourd'hui, le divin féminin ne serait-il pas EUROPE
dont le F.N. fleuri la couleur bleu outremer d'un lys marial sans le savoir?
Déjà, les douze étoiles choisies par Bruxelles rappellent
étrangement la couronne de l'Immaculée Conception de la
rue du Bac à Paris.
Ne
vous inquiétez pas de la présence du serpent dans l'environnement
du divin féminin, c'est une protection et une de ses forces. Notre
Dame de la rue du Bac le tient sous son pied. Le serpent s'est fait bachelier
rue du Bac au service du Ministère de Marie sur terre. Les serpents
représentent le dangereux pouvoir de l'argent, il faut les brider,
les tenir par la cravate, mais pas les tuer, ils sont indispensables.
Le serpent monétaire est dans le vaudou haïtien l'allié
d'Erzulie. C'est ainsi que Marianne est sur la face de nos pièces
de monnaie, l'argent étant du côté pile. En Afrique,
le masque totémique de la Silure sacrée apparaît sur
la face des pièces CFA. C'est une Marianne africaine qui nous reste
à découvrir.
Les
Champs Elysées de Marianne sont défendus de l'enfer des
vieilles dictatures et des nouvelles tentations fascistes par le dédale
des couloirs élyséens de la République. C'est un
labyrinthe de galeries construites par les hommes de l'art et de la laïcité,
d'escaliers à monter, de portes à ouvrir, d'antichambres
donnant sur des cours, de chambres donnant sur de beaux jardins à
chaque étage, des prés carrés, pour le bonheur des
républicains qui défendent l'état de droit.
Ces couloirs élyséens commencent à l'école,
au lycée, où des licenciés ont toute licence pour
cultiver la fine fleur de la nation en lys-lycéen-élyséen-citoyen.
Ils le lissent, le polissent, loin de toutes licences et polissonneries,
pour réussir son entrée en lice dans les champs Elysées
qui s'ouvrent à son avenir!
Malheureusement
il n'y a pas de nouveaux champs Elysées, ni de nouveaux rêves
qui chantent. Il n'y a plus que les champs exigus et achevés de
l'ancienne génération. Nous comprenons pourquoi ils sont
tentés par l'anarchie et la violence. Il ne suffit pas de leur
dire qu'ils ont un devoir de lycéen-citoyen, ni qu'ils sont les
lys-lycéens-élyséens de La République de Marianne
et demain de l'Europe.
Le cur des champs Elysées de nos parents est à L'Etoile.
Ce n'est pas un jardin, mais un cimetière, un champ de pavés
pour chaque soldat mort au champ d'honneur. Le plus inconnu, un sans papier,
de couleur indéfinissable est présent sous l'arc de triomphe.
Sur l'arc, parmi tous les bas-reliefs, la Marianne de Rude appelle encore
les provençaux, comme en 1792, quand elle appela les volontaires
de Marseille au départ.
Si
la fleur de lys est apparue à Vitrolles sur un fond bleu outremer
de la couleur du drapeau européen, c'est pour sacraliser l'EUROPE,
révéler sa dimension mariale universelle, et nous appeler
à sauter le Rubicon du Tiers Monde, à un départ de
volontaire vers le grand large. Le porte drapeau F.N. porte pierre à
son insu au Devoir de l'humanité: faire des jardins, sans préférence
nationale, avec ceux qui en ont le plus besoin.
Pour
remplir votre cur d'espoir, échapper à la violence,
je vous dis jeunes lys-lycéens rêver d'une épopée
nouvelle, post-industrielle, dans le Tiers Monde, où six mois par
an, vous serez des pionniers européens jardiniers pour des lendemains
qui chantent dans les champs du troisième monde.
Jacques Dumont
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